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Schizophrénie

Schizophrénie

Quand certains comportements deviennent inquiétants

Au Québec, 1 % de la population en est touchée. La schizophrénie se caractérise par deux types de symptômes (positifs/négatifs) qui n’apparaissent pas de la même façon chez tous ceux qui en sont atteints.

En fait, il faudrait plutôt aborder Les schizophrénies car il existe différentes formes de schizophrénie, désignées chacune par un adjectif correspondant à un aspect plus marquant de la maladie à un moment donné.

Ces formes de la schizophrénie ne sont pas des catégories figées puisqu’il est possible que la personne qui en est atteint peut passer d’une forme à l’autre et exprimer sa maladie différemment selon les périodes.

 

La schizophrénie simple

Le repli et la vie stéréotypée est rencontré dans cette forme, rarement un syndrome délirant. Les symptômes négatifs sont au premier plan : appauvrissement des relations socio-professionnelles, tendance à l’isolement et au repli autistique dans un monde intérieur.

La personne manifeste une froideur affective, semble incapable d’exprimer ses émotions, marque un désintérêt pour les autres, se complaît dans la solitude.

Parallèlement, elle a des comportements étranges, des croyances bizarres, et perçoit des choses inhabituelles. Cette forme évolue lentement mais très souvent vers un déficit de plus en plus marqué.

 

Schizophrénie paranoïde

C’est la forme la plus fréquemment rencontrée. Elle se caractérise par la prédominance d’hallucinations des idées délirantes de persécution, le délire interprétatif, les convictions d’être l’objet d’un complot ou de se trouver au centre d’une intrigue malveillante.

La surestimation de soi (les idées de « grandeur », voire de « mission planétaire »), l’anxiété, l’envie ou la jalousie, un esprit contestataire, revendicateur et belliqueux peuvent aussi être présents.

Un traitements antipsychotiques est habituellement très efficace.

 

Schizophrénie hébéphrénique

Elle représente 20 % des schizophrénies. Dans les formes hébéphréniques, la maladie débute tôt, au cours de l’adolescence, et ce sont le syndrome dissociatif et le retrait qui sont au premier plan.

Les éléments délirants sont souvent absents et les médicaments sont administrés à faible dose. Leur langage est incohérent, ils paraissent indifférents au monde extérieur malgré une forte anxiété.

Les personnes qui en souffrent refusent souvent les traitements. C’est la forme la plus résistante aux thérapeutiques.

 

Trouble schizo-affectif ou schizophrénie dysthymique

Dans les formes dysthymiques, la maladie présente des signes de schizophrénie accompagnés de signes maniaque ou dépressive. Ces troubles ressemblent aux troubles bipolaires mais ils s’en distinguent par la présence d’idées délirantes ou d’hallucinations pendant au moins deux semaines.

Le pronostic est assez bon.

 

La schizophrénie catatonique

Dans les formes catatoniques, les symptômes corporels (à type de raideurs, de maintien d’attitudes), et le déficit cognitif (avec absence d’initiatives, fléchissement des habilités, l’indifférence affective, le mutisme) entraînent une marginalisation des personnes qui en souffrent.

Elles peuvent aussi répéter, comme un écho, les derniers mots des phrases qu’elle entend, ou imiter les gestes qu’elle observe chez les autres.

Le traitement en est difficile et doit viser à maintenir une alimentation et une vie relationnelle.

C’est la forme de schizophrénie la plus grave. Mais cette forme, soumise à traitement, est rarement définitive.

 

Les formes héboïdophréniques

La composante psychopathique (comportement antisocial, avec impulsivité, troubles du comportement, risque de violence) s’associe aux symptômes cognitifs et au délire schizophrénique.

Parfois auteurs de faits répréhensibles plus ou moins graves (délinquance, vols, agressions, vagabondage, toxicomanie..), les personnes qui en sont atteint sont beaucoup plus souvent sans défense et victimes de la criminalité présente dans notre société.

Elle se rencontre fréquemment chez des personnes en rupture sociale. Le délire se manifeste par épisodes.

Symptômes positifs

Les symptômes positifs sont des manifestations qui s’ajoutent aux fonctions mentales habituelles d’un individu, à ses pensées. Ils apparaissent au cours de la phase aiguë de la maladie (qu’on appelle parfois la décompensation psychotique) et amènent la personne à avoir des comportements et une conduite parfois incompréhensible aux autres.

Les symptômes les plus fréquents sont :

  • Modifications dans les perceptions : hallucinations auditives et visuelles ;
  • Modifications dans la pensée et les croyances : délire, propos incohérents ;
  • Modifications du comportement : désorganisation, bizarrerie.
Symptômes négatifs

Les symptômes négatifs, plus difficiles à déceler, traduisent des pertes de fonctions normales, une dégradation des aptitudes habituelles. Ils constituent un manque chez la personne, une absence de comportements attendus, comme si un mécanisme central normalement présent faisait défaut. On peut les percevoir comme un « déclin », une dégradation des aptitudes habituelles.

 

  • Difficulté à communiquer (alogie) ;
  • Difficulté à ressentir du plaisir (anhédonie) ;
  • Manque d’énergie et de motivation (aboulie) ;
  • Pauvreté de la pensée ;
  • Retrait social (isolement) ;
  • Diminution dans l’expression des émotions (affect émoussé).
 
L’hérédité:

Statistiquement, dans les familles où cette maladie a déjà été diagnostiquée, le risque d’en être atteint est plus élevé. Toutefois, aucun gène spécifique n’a été jusqu’à maintenant identifié avec certitude; probablement plusieurs seraient impliqués.

 
Chimie du cerveau:

Certains chercheurs croient qu’une surproduction ou une sensibilité excessive à la dopamine seraient peut-être la cause. La dopamine est une substance chimique (neurotransmetteur*) produit par le cerveau. Certaines personnes atteintes de schizophrénie réagissent bien à des médicaments qui régularisent la production de la dopamine. Un autre neurotransmetteur, la sérotonine, serait également impliqué.

 
Malformation cérébrale:

D’autres recherches tendent à dire que, chez les personnes atteintes de schizophrénie, certaines cavités du cerveau semblent avoir tendance à être plus grandes que chez les personnes qui ne développent pas la maladie.

Ces prédispositions, conjuguées aux stresseurs normaux de la vie, amènent une plus grande vulnérabilité. Le développement de la schizophrénie est aussi imprévisible que celui du diabète, de problèmes cardiaques ou toute autre maladie où la génétique peut avoir un impact important.

Les médecins sont assez prudents avant de poser un diagnostic de schizophrénie. La diagnostiquer de manière assurée peut prendre du temps et nécessiter plusieurs hospitalisations pour observer comment évolue l’état de la personne. Si certains symptômes laissent croire à une autre cause que la maladie mentale, différents tests et examens pourront être faits. Ils permettront de vérifier que les symptômes ne proviennent pas, par exemple, d’une consommation de drogue ou d’une tumeur cérébrale.

Au cours des dernières années les traitements de la schizophrénie ont beaucoup évolué. Les personnes atteintes peuvent maintenant espérer une vie satisfaisante et relever différents défis.

Bien entendu, une intervention précoce, des programmes de réadaptation et l’évolution de la médication contribuent à préserver les capacités fonctionnelles de la personne atteinte et éviter une aggravation des symptômes ou de la maladie elle-même.

Malgré leur besoin urgent d’aide, plusieurs personnes souffrantes refusent de collaborer parce qu’ils craignent d’être rejetés


Le manque d’autocritique, un symptôme inhérent à la schizophrénie qui empêche de reconnaître qu’elle est malade, fait en sorte que la personne ne collabore pas au traitement. L’importance de l’établissement d’une alliance entre la personne et son équipe traitante est essentielle, mais peut prendre du temps à s’installer. Les risques de rechutes qui nécessitent de nouvelles hospitalisations sont fréquentes et font partie du processus de rétablissement.



Une intervention précoce: le meilleur moyen de se rétablir

Le dépistage précoce de la maladie, accompagné d’un traitement adéquat, favorise un meilleur pronostic. La période de 2 à 5 ans suivant une première psychose est déterminante dans l’évolution de la maladie. Pendant cet intervalle, il est primordial d’avoir recours à un service de réadaptation intensif, souvent offert par des cliniques spécialisées (par exemple, les cliniques des premiers épisodes psychotiques) ou des organismes de soutien.

Le traitement précoce permet de :
• Diminuer la gravité de la maladie ;
• Maximiser la qualité de vie des personnes atteintes et de leurs proches ;
• Éviter l’autostigmatisation, la dévalorisation ou la culpabilité; maintenir l’espoir ;
• Éviter une interruption prolongée des activités scolaires, professionnelles ou autres ;
• Instaurer une relation de confiance avec l’équipe de soins et réduire les appels à des recours légaux ;
• Raccourcir la durée des traitements ;
• Réduire les risques de problèmes judiciaires, de consommation de drogues, de dépression et de suicide.

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