Quand les saisons pèsent sur l’humeur : comprendre la dépression saisonnière

Il est courant de ressentir une baisse d’énergie ou de motivation à certaines périodes de l’année, notamment à l’automne ou en hiver. Pour certaines personnes, ces fluctuations vont bien au-delà d’un simple « coup de blues » : elles relèvent d’un trouble reconnu, appelé trouble affectif saisonnier ou dépression saisonnière¹.

 

En effet, la dépression saisonnière est bien réelle et documentée par plusieurs chercheurs. Les symptômes dépressifs en question suivent parfois un rythme saisonnier, avec une intensité accrue durant les mois d’automne et d’hiver. Une revue scientifique a montré que la dépression saisonnière touche de nombreuses personnes vivant dans des régions où les hivers sont longs et sombres. Les symptômes les plus fréquents sont une grande fatigue, un besoin excessif de sommeil, une perte de plaisir dans les activités habituelles et des changements dans l’appétit².

 

Plusieurs facteurs biologiques ont été identifiés pour expliquer pourquoi certaines saisons nous affectent davantage. Lorsque la lumière naturelle diminue, comme en automne ou en hiver, cela peut dérégler notre horloge interne celle qui nous aide à savoir quand dormir, manger ou être actif. Ce changement peut aussi faire baisser le niveau de sérotonine, une substance dans le cerveau qui joue un rôle important dans la régulation de l’humeur.

En parallèle, notre corps produit davantage de mélatonine, l’hormone du sommeil, ce qui peut nous rendre plus fatigués, plus lents ou moins motivés. Certaines personnes sont plus sensibles que d’autres à ces changements saisonniers. Cette sensibilité peut même être mesurée à l’aide de questionnaires utilisés en psychologie³.

 

La dépression saisonnière peut avoir un impact significatif sur la qualité de vie, les relations sociales et le fonctionnement quotidien. Elle est souvent sous-diagnostiquée, car ses symptômes sont parfois confondus avec une simple fatigue hivernale.

 

Au Pont du Suroît, nous savons que les changements de saison peuvent amplifier la charge émotionnelle, particulièrement chez les proches aidants, qui doivent conjuguer soutien, vigilance et épuisement latent. C’est pourquoi nous souhaitons, à travers nos publications, offrir des repères validés scientifiquement pour mieux comprendre ces variations saisonnières, briser les tabous entourant la dépression et rappeler qu’il est légitime et nécessaire de demander de l’aide.

 

 

 

 

 

 

  1. Murray, G., & Lam, R. W. (2022).Seasonal affective disorder: Clinical features and treatment. In D. J. Stein & S. R. Pandi-Perumal (Eds.), Depressive Disorders (pp. 115–132). Springer. https://doi.org/10.1007/978-3-030-87618-0_8
  2. Mersch, P. P. A., Middendorp, H. M., Bouhuys, A. L., Beersma, D. G. M., & van den Hoofdakker, R. H. (2020).Seasonal affective disorder and latitude: A review of the literatureJournal of Affective Disorders265, 511–520. https://doi.org/10.1016/j.jad.2019.11.030
  3. Chang, Y., Mehra, A., Khanna, J., & Bedi, N. (2025).Seasonal sensitivity and mood regulation: Psychometric approaches to individual vulnerabilityCurrent Behavioral Neuroscience Reports12(1), Article 18. https://doi.org/10.1007/s40473-025-00308-y